Un désaccord n’efface pas le respect

En juin 2024, nous avons publié une lettre ouverte adressée à François Béringer, alors maire de Blodelsheim, ainsi qu’aux membres du conseil municipal. Le texte était ferme. Il dénonçait le projet d’élargissement de la rue des Acacias et le risque de voir disparaître onze arbres remarquables, profondément enracinés dans l’histoire du lieu, pour créer une large voie de circulation à double sens.

Je ne retire rien du fond de cette démarche. Je reste convaincu qu’un aménagement à sens unique, respectueux de la largeur historique de cette ruelle, constitue la solution la plus cohérente. Je reste également convaincu que les arbres, les sols vivants et les corridors de biodiversité présents au cœur de nos villages doivent être protégés, particulièrement face au changement climatique.

J’ai voulu être le défenseur d’un lieu et de la nature qui l’habite. La vigueur de notre lettre ouverte a pu donner une autre impression. Si tel a été le cas, je le regrette. Elle traduisait une inquiétude sincère et l’urgence que nous ressentions, non une hostilité personnelle.

Mais désapprouver un projet ne signifie pas s’opposer à un homme ni nier ce qu’il a accompli.

Être maire c’est s’exposer en permanence. C’est devoir décider sous le regard de tous et risquer de mécontenter précisément là où l’intention était de servir et de satisfaire l’intérêt collectif. Il est toujours plus facile de juger une décision que de mesurer le poids de la responsabilité qui l’accompagne.

Les dernières élections municipales ont depuis ouvert une nouvelle page pour Blodelsheim, à laquelle François Béringer n’a plus souhaité prendre part comme candidat. Le moment me paraît donc juste pour revenir sur le sens de mon engagement.

François Béringer a été un maire d’action. Comme tout élu qui décide et entreprend, il a porté des projets qui ont pu rassembler, mais aussi susciter des désaccords. La rue des Acacias fut l’un d’eux. La mobilisation des riverains et des habitants a été forte ; Monsieur le Maire l’a entendue et a décidé de suspendre toute réflexion autour de l’élargissement de la voie. Ce choix mérite d’être reconnu simplement, sans triomphalisme : cette décision a permis d’apaiser les tensions et de préserver, jusqu’à présent, le caractère singulier de cette rue. Les réflexions devront reprendre, car son réaménagement demeure indispensable aux yeux de tous les riverains. Tout reste possible pour concevoir un projet équilibré, respectueux du lieu et des besoins des habitants. Nous restons pleinement mobilisés en faveur d’une voie à sens unique.

En désaccord profond avec son projet, j’avais prévenu François Béringer que je m’efforcerais d’être un adversaire loyal et exigeant, capable de porter une opposition déterminée, mais toujours respectueuse. J’espère avoir été à la hauteur de cette parole.

 
 
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Premier point : Un grand MERCI à TOUS !